Auteur/autrice : A portée de main

  • Panique dans le Transsibérien : enquête et huis clos en URSS (1980) – avis sur 1 heure à tuer

    Illustration d’ambiance : train dans une tempête de neige, atmosphère sibérienne (Transsibérien).

    Un “Orient Express”… version URSS

    Un huis clos ferroviaire. Un mort. Une vérité dangereuse.

    On pense forcément au Crime de l’Orient-Express : un train, des passagers, une enquête qui se resserre au fil des wagons. Sauf qu’ici, le décor change tout : URSS, 1980. Et avec lui arrive une autre forme de peur — plus diffuse, plus politique, plus lourde.

    Le poids du contexte : KGB, suspicion et langage “irréprochable”

    Dans 1 heure à tuer — Panique dans le Transsibérien de Cléa Harold, l’enquête ne se limite pas à trouver “qui” et “pourquoi”. Elle doit composer avec un contexte où le moindre faux pas peut coûter cher : le KGB, la suspicion permanente, la crainte d’être accusé de traîtrise, et ce vernis de discours “irréprochable” qui force chacun à parler avec prudence… même quand l’urgence exige l’inverse.

    Un décor à part entière : le Transsibérien, froid et inquiétant

    Et puis il y a le Transsibérien lui-même : immense, froid, presque indifférent. Il impose son rythme, ses silences, son horizon blanc. Le train devient plus qu’un décor : un cadre mystérieux et inquiétant, parfois oppressant, parfait pour un récit où la tension monte à mesure que la route s’allonge.

    Une mécanique qui embarque le lecteur

    J’ai particulièrement aimé la mécanique du livre : à la fin de chaque chapitre, une énigme vient ponctuer l’histoire et nous fait participer, comme si on était, nous aussi, embarqué dans ce périple sibérien.

    Et l’alternance des trois points de vue, tour à tour, rend le récit plus vivant et plus captivant — on voit les événements se déplacer, se contredire, se préciser.

    Pourquoi je le recommande

    En bref : je recommande ce roman aux amateurs d’enquêtes, évidemment, mais surtout à ceux qui aiment les récits capables de plonger le lecteur dans une époque et une atmosphère — ici, un monde soviétique où la vérité n’est jamais seulement une question de faits.

    Ce que ça m’a fait ressentir pendant mon voyage

    Ce qui m’amène à un point très personnel : ce livre, je ne l’ai pas seulement lu… je l’ai presque vécu.

    Je l’ai découvert pendant un voyage, dans un pays étranger, entourée d’une langue différente de la mienne. Et, comme un clin d’œil un peu troublant, la météo s’est mise à ressembler à celle du récit.

    Quand je suis arrivée un dimanche après-midi, il faisait frais, mais il n’y avait pas encore de neige. Elle a commencé à tomber dès le lendemain… et elle n’a plus vraiment cessé de la semaine. En quelques jours, le sol s’est recouvert d’une épaisse couche blanche, et les températures sont descendues jusqu’à -15°C — ce froid qui s’installe dans les mains, qui mord le visage, et qui te rappelle à chaque pas que l’hiver ne plaisante pas.

    Le détail qui m’a le plus marquée, c’est la radio : elle annonçait l’annulation de trains à cause de dysfonctionnements d’aiguillages, justement à cause du froid. À ce moment-là, j’ai eu une sensation très étrange : comme si je n’étais plus seulement en train de lire une histoire… mais comme si j’étais entrée dedans.

    Et c’est exactement ce que j’attends d’un roman d’ambiance : qu’il ne soit pas juste “une enquête”, mais un monde. Cette semaine-là, entre la neige, le silence glacé, et l’idée même de trains immobilisés par l’hiver, le Transsibérien n’était plus un décor lointain. Il était presque là, autour de moi.

    La version vidéo

    J’ai aussi fait une vidéo courte sur ce livre dans ma playlist “Bref! j’ai lu…” :
    À voir ici : [lien vers la vidéo YouTube] (la vidéo sera prochainement en ligne)

    Bref ! j’ai lu…

    1 heure à tuer — Panique dans le Transsibérien, de Cléa Harold.

  • Pourquoi j’ai commencé ce projet

    À un moment, je me suis retrouvée dans une situation assez banale aujourd’hui : des difficultés à retrouver du travail, une impression de blocage, des journées qui se ressemblent.
    Quand on vit dans un petit appartement, avec peu de moyens, le quotidien peut vite devenir lourd. Ce n’est pas forcément dramatique mais lentement pesant.
    Ce blog est né à ce moment-là, pas d’une grande idée ni d’un projet mûrement réfléchi, mais d’un besoin très concret.

    Faire quelque chose, plutôt que ruminer

    À ce moment-là, on m’aurait sans doute conseillé de “prendre du recul”, de “penser à autre chose”, ou de “me projeter”.
    Mais ce dont j’avais besoin, ce n’était pas d’abstraction.
    C’était de faire quelque chose de mes mains. Alors j’ai commencé simplement .

    Un objet cassé que je n’avais pas envie de jeter, un vêtement abîmé, et les prix qui augmentaient partout, je me suis mise à réparer. Pas par militantisme, ni par écologie héroïque mais juste parce que ça me faisait du bien de voir que je savais encore faire quelque chose d’utile.

    Ce que réparer m’a appris

    Réparer, ce n’est pas spectaculaire : On démonte, on observe, on cherche à comprendre, … et on réalise que ce n’est pas toujours “cassé”, mais souvent fatigué, mal conçu, ou simplement négligé.

    Bien sûr, réparer ne règle pas tout. Mais ça change quelque chose malgré tout : Ça m’a redonné une forme de prise sur mon quotidien. Ça a remis un peu d’ordre pas seulement dans les objets, mais aussi dans la tête.

    Petit à petit, j’ai compris que ces gestes très simples — réparer, raccommoder, faire durer — m’aidaient à traverser une période difficile sans m’effondrer complètement.

    Faire pousser, même dans peu d’espace

    Ensuite m’est venue l’idée d’essayer de faire pousser quelque chose sur un rebord de fenêtre ou à l’intérieur, voire même sur un balcon quand on en a un… Pas pour devenir autonome, ni pour “retourner à la terre” mais pour voir quelque chose évoluer lentement, pour m’occuper autrement, et pour me rappeler que, même dans un espace réduit, on peut encore produire un peu de vivant.

    Pourquoi documenter tout ça ?

    J’aurais pu garder tout ça pour moi. Mais en cherchant un peu, je me suis rendu compte que beaucoup de personnes vivaient des situations très proches : fatigue, pression économique, sentiment d’inutilité, difficulté à se projeter. Alors j’ai eu envie de documenter, pas pour montrer que je sais faire mais pour montrer que c’est possible d’essayer : La chaîne YouTube montrera les gestes, le blog développera le fond, et le podcast posera le contexte et la réflexion.

    Trois formats différents pour parler d’une même chose :
    comment on fait, concrètement, pour tenir dans le quotidien.

    Ce que ce blog n’est pas

    À portée de main n’est pas un blog de développement personnel. Je ne donne pas de recettes pour aller mieux. Je ne vends pas de méthode. Ce n’est pas non plus une vitrine de réussite, ni un guide parfait.

    C’est un espace de pratique, de réflexion et de transmission. Un journal public utile, pour moi et peut-être pour d’autres.

    Ce qui va suivre

    Ici, je parlerai de réparations, de micro-culture urbaine,
    de lectures, et de ce que ces gestes disent de notre époque. Ce sera parfois très concret, parfois plus réflexif, mais toujours à hauteur d’humain.

    Et toujours, simplement, à portée de main.

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